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Französiche Lyrik

Üzeyir Lokman ÇAYCI

LA MER MAUVE

De toute ta vie tu n'as jamais vu
La mer mauve
Comme s'il a soif de mourir
Sur elle
Un oiseau piétine les flammes...
Je n'ai pas vu non plus
A ce point
La résurgence du matin
Sur la mer mauve...

Comme si des milliers d'espoirs
Vibraient sur elle
Mes yeux... disparaissent
Dans les appels du lendemain...

Un sursaut me secoue le matin
Avec les pleurs en face à face
Elle se repose
Et s'étend avec tous mes chagrins
Devant mes yeux...
La mer mauve.



VER DE POMME

A l'intérieur de la pomme
Le ver grignote la blancheur
Pour atteindre
Le noyau de la vie...

Pendant qu'il sursaute
Dans l'obscurité
Comme un nouveau-né.
Il suce la saveur... le sel
De la nature.

Au magma de la bassesse
Les laves débordent
Sur son égoïsme...
Il dort... il se réveille
Rien ne change
Il reste avec la saveur
Au noyau de temps...

Il tisse une toile avec son masque
Pendant qu'il s'épuise
Dans les fossés qu'il a creusés...
Les jeux
Sinueux
Restent dans son oeil noir...
Lorsqu';il enlace le vert
De la pomme...
Sonne soleil se couche
Lui, il se cache...

Son essence se putréfie
Dans son estomac
Plein de graines carbonisées
Des murs qu'il a construits
Les pierres tombent une à une...
Et finalement lui,
Reste à découverte.






AVEC ET SANS FUTUR

Mes espoirs menottés
Dans le ciel
Effacent les éclaircis d'espoir...

Tel un squelette
Avec et sans futur
Tu restes suspendue
Dans mes yeux...

Les rires aux éclats chargés de feu
Sont marqués à mes paupières
Avec la nostalgie d'un jour à saisir...
A un moment où je ne puis penser
Avec et sans futur
Les branches restent sans feuillage.

Par un changement transparent des autres jours
Avec et sans futur
Je ne sais pas depuis combien de soirs
Je suis battu par ton absence
Aux tables de jeux du hasard sans personne ?..

Avec et sans futur
L'obscurité tend son piège
Les espoirs affamés m'attrapent
Et... on passe à mes poignets
Les menottes d'une vie sans toi !



LE MIROIR

L'être humain se voit lui-même
Dans le miroir...

Il reste au de delà pensée
De temps à autre
Il voit des figures déformées,
Il voit les choses à l'envers...

Il cherche un coupable
Constamment
Il voit des tissus
Tout en morceaux...

Celui qui est à accuser
Est lui-même...
L'être humain courtois
Ne peut accuser sans connaissance...

Que l';être humain vive à Paris
Ou à Konya
Les vérités sont invariables
Dans l';univers...

L'être humain se voit lui-même
Dans le miroir...



MOI, JE CHERCHE MES ANNEES PERDUES

Quelle importance ont,
Ma chemise bleue de travail
Déchirée,
Mon pantalon
Et mes chaussures usées?
Moi, je cherche
Mes années perdues...

Quelle importance ont,
Mes lettres ouvertes,
Mon exclusion,
Mes droits confisqués?
Moi, je cherche
Mes années perdues....

Quelle importance a,
L'amitié, la fraternité,
Le travail collectif?
Moi, je cherche
Mes années perdues...

Quelle importance ont,
Mes labeurs volés,
La sueur de mon front,
Mes efforts considérés comme nuls?
Moi, je cherche
Mes années perdues...





DEMAIN LA VIE CONTINUERA ENCORE

Pour le consommateur
A la télévision
Des publicités pour
Machine à laver,
Shampoing pour chiens,
Téléphones
Et automobiles...
Ensuite,
Des nouvelles du Kosovo :
Un enfant au visage tout ensanglanté...
Une femme victime de viol
Dans les rues
Des cadavres en morceaux...
Les marchés mondiaux
Créés sur les champs de bataille
Mais personne ne rougit.

Demain, on parlera
Des tremblements de terre,
Des inondations,
Des maisons détruites
Et des voitures emportées...

On ne dira pas un mot
De l'équilibre mondial déréglé
Des essais nucléaires...

Les journaux
Annonceront
En petites manchettes
Les crimesv Et les délits commis par les enfants...

Les travailleurs,
Les médecins,
Les enseignants
Manifesteront
Pour revendiquer des droits...

Les hôpitaux
Seront pleins de patients
A craquer...

Et il fera encore un temps couvert
A Paris...



MAIS... COMMENT ?

Un espoir
A été mis dans la boîte
Avec une petite note disant
"Ton téléphone ne répond pas
J'en suis vraiment désolé".
On a fermé,
On l'a emballée,
On l'a ficelée
Avec une ficelle de couleur...
Dessus on a écrit l'adresse
Et on est allé au bureau de poste...
Pesée, Timbrée,
Payée...
Et on est rentré à la maison.
La fiction de joie
A duré toute une semaine
En larmes...
Ensuite on est allé à nouveau
Au bureau de poste
Mûni de la carte portée
Par le facteur.
La boîte envoyée était revenue.
Avec la mention :
"Le nom mentionné,
Non trouvé à l'adresse..."

Après maintes recherches
Il a appris
Que sa bien-aimée était partie loin,
Très loin
Pour ne jamais revenir...

Il était resté en tête à tête avec la boîte
Préparée,
Ficelée,
Emballée,
Postée avec ses mains
Et qui était de retour
Avec une adresse dessus...

La vie pour lui
Allait prendre forme
A un autre tournant...
Mais...Comment ?


ISTANBUL

Les oiseaux de quai
Me traînent vers les mers
Comme si je courais vers les souffrances
Istanbul se tord de douleurs
Au fur et à mesure que tombent sur moi
Les solitudes sans toi...

Dans cette ville obscure
Avec mon sang coagulé
Je déborde mes rêves
Les rues vides accentuent ton absence
Istanbul t'emmène de ville en ville...

Cette ville si grande se verse dans mes souffrances
Les oiseaux de quai me traînent
A leurs nuits fatiguées
Et là-bas Istanbul fouille de fond en comble
La solitude sans toi.

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Traduit par Yakup YURT



 
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© 2003 Kultura-Extra (alle Beiträge unterliegen dem Copyright der jeweiligen Autoren, Künstler und Institutionen. Widerrechtliche Weiterverbreitung ist strafbar.)
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